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04-11-14 Cluster maritime : la figure de proue de l‘économie de la mer

Le Cluster Maritime Français, dont l´IFN est membre, est un outil de promotion du secteur marchand de la France maritime. Il intervient sur de nombreux dossiers soit auprès des autorités politiques ou des centres de décisions. Eclairage avec son président bientôt en partance, Francis Vallat

 

Pourquoi quittez-vous le cluster maritime français ?

Après neuf ans de présidence, depuis la fondation, il était sage de passer le flambeau, d´introduire du sang neuf, de l´innovation … Bref, nous avions besoin d’une nouvelle tête à la barre du Cluster. La continuité est assurée par une équipe passionnée, remarquable de conscience professionnelle, de courage et d’esprit de service mais aussi par l’engagement d’un conseil d’administration aussi représentatif que de haut niveau.

La décision était-elle difficile à prendre ?

Contre l´avis de certains, mais sûr de la justesse de la démarche, j´ai donc décidé, non de partir, mais de laisser pleinement la place de président à un successeur incontestable au regard de ses qualités, de sa flexibilité, de son charisme, de sa réputation, en fait de sa personnalité saluée par tous. Frédéric Moncany va me succéder et j´en suis très heureux car je sais sa capacité à prendre toute la dimension du poste, et à y faire montre de toutes ces qualités qu´il a déjà déployées à la tête de la Fédération Française du Pilotage Maritime.

Quand Frédéric Moncany sera-t-il réellement président ?

Il va prendre les commandes du CMF à la fin des Assises de l´économie maritime de Nantes. En fait j´avais prévu de présenter sa candidature, avec son accord, depuis près de deux ans. J´en avais parlé discrètement avec quelques pères fondateurs du Cluster. Ceux-ci avaient soutenu mon choix tout en me demandant de ne pas en faire état avant sa mise en oeuvre effective. L’engagement a été respecté sans que cela m´empêche d´échanger très fréquemment avec Frédéric, de le tenir au courant des grands dossiers et de commencer vraiment à le familiariser avec sa future fonction.

Sous votre présidence, le cluster est-il devenu un acteur incontournable auprès des pouvoirs publics ? 

"Il n´y a rien de plus fort qu´une bonne idée qui arrive au bon moment", écrivait Victor Hugo. Cette maxime illustre parfaitement notre travail et notre légitimité. Aujourd’hui, à peu près tout le monde pense que si le CMF n´existait pas il faudrait l´inventer !

Quelles sont les actions dont vous êtes le plus fier ?

La progression quantitative et qualitative des membres: nous sommes passés de 30 à la création à plus de 350 aujourd´hui (auxquels il faut ajouter les plus de 150 membres des Clusters Maritimes d´Outremer). Nos membres représentent des entreprises de toutes tailles, fédérations, pôles mer, laboratoires, centres de formation, EPIC, acteurs économiques locaux... Tous, par leur contribution, ont permis de maintenir le niveau des cotisations et nous donnent les moyens de notre action.

Et sur le fond des actions…

Sur le fond, l´essentiel réside dans les résultats des groupes de synergie, ou encore dans la qualité du dialogue, permanent, ferme et constructif instauré avec les Pouvoirs Publics. Ce dialogue a été parfois difficile, mais toujours franc, marqué par l’éthique intransigeante de notre comportement et de notre action. A notre actif, je mentionnerais volontiers la construction patiente des échanges avec nombre d´ONG. Elle témoigne de notre volonté d´inscrire toutes nos avancées dans le développement durable.

Sur un autre front, je voudrais dire notre satisfaction immense, enfin, de la prise en compte du « maritime » dans tous les programmes de l´Education Nationale. Je voudrais encore souligner que deux livres récents Parions France de Xavier Louy et Ras le bol les écolos de Maud Fontenoy, se réfèrent abondamment au CMF...

 Quels sont les grands dossiers à mener par le cluster dans les années à venir ?

Le Cluster lui-même doit continuellement faire preuve de plus d´efficacité, d’esprit de service, car ses membres ont les mains dans le cambouis, font face à une crise qui n’épargne personne. Ils ont donc le droit d’exiger de nous des démarches « productives » à tous niveaux : les fondements de politique maritime, le soutien efficace à leurs dossiers, le lancement de nouvelles initiatives « business »...Cela devra passer aussi par un débat parlementaire annuel sur la stratégie maritime du pays, par la tenue d’un CIMER (Conseil interministériel de la mer) au moins tous les dix-huit mois et par l’écoute des avis du CNML (Conseil national des mers et du littoral )dans certains cas...

Avez-vous le sentiment que le fait maritime soit pris à sa juste valeur par les pouvoirs publics ? 

 Nos gouvernants ont relativement pris conscience de la « maritimisation » du monde. La mer est devenue un enjeu de pouvoir au sein du Pouvoir lui-même. C’est une bonne nouvelle lorsque l´on sait que, dans notre histoire, ce ne fut le cas que lorsque quelques despotes éclairés eurent une Vision maritime: Louix XIII et Richelieu, Louis XIV et Colbert...!). Cette relative mais bonne évolution rend d’ailleurs d´autant plus incompréhensibles les atermoiements et contradictions marquant trop souvent l’action de nos Pouvoirs Publics.

Pouvez-vous nous dire dans quels secteurs maritimes la France reste-elle leader ?

Avec plus de 300 000 emplois et 65 Mrds de valeur de production le secteur maritime français est déjà l’un des plus importants au monde. II voit en outre se développer activement en son sein ce que l’on appelle « la nouvelle industrie de la mer » (EMR, grands fonds marins, biotechnologies..). La France est aujourd’hui dans parmi les leaders mondiaux dans une dizaine de grands métiers maritimes (1). Enfin là où quantitativement elle compte un peu moins, elle prend des places d’honneur. Les armateurs français sont n°1 mondiaux selon les MOU (Contrôles Etats du port), les bassins portuaires sont en peine rénovation structurelle et les responsables de la pêche à l’avant-garde de la pêche durable…

 

 

(1) La France est aujourd’hui parmi les leaders mondiaux dans une dizaine de grands métiers maritimes: construction nautique (plaisance), offshore, sismique, recherche océanographique, assurance maritime, financement shipping, classification, courtage d’achat/vente de navires armateurs de ligne et câbliers, construction navale civile et militaire, Marine Nationale

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Avez-vous créé une vraie dynamique ?

Ce sont 1500 responsables de la communauté maritime qui se retrouvent une fois par an aux Assises organisées avec nos amis et partenaires d´Infomer (en plus de l´IFM et des Echos). Ce sont encore 250 dirigeants qui se rencontrent sept fois par an au CMF et environ 6000 cadres et dirigeants qui participent aux groupes de travail de synergie. Enfin, ce sont près de 400 coureurs ou supporters qui disputent les 20 kms de Paris sous les couleurs de notre maillot de "l´Equipe de France du Maritime". Que dire encore de la création de six Clusters Maritimes actifs dans les Outre-mer, et du développement du « Réseau Européen des Clusters Maritimes » (ENMC). Par leur poids, ils contribuent à l’essor du maritime dans les politiques de l’Union.